[mise à jour le 21 août avec la Partie 4 ; le 14 août avec la Partie 3 ; le 07 août avec la Partie 2 ]

Cet été, Klo nous livre les témoignages qu’elle a recueillis auprès des membres de The Lez Team, à découvrir sur 4 épisodes. Découvrez la première partie consacrée aux témoignages de Candy et de Sandrine qui ont trouvé l’amour sur internet.

Alors que certaines vivent isolées en campagne, cachées parfois, comment trouver l’amour ? La question est d’autant plus pertinente après la période écoulée où les lieux de convivialité ont gardé leurs portes closes. Personnellement, je ne rencontre que peu de lesbiennes, une des initiatives qui me permet d’élargir mon cercle, c’est le collectif lesbien The Lez Team, et parmi les membres de cette communauté, certaines ont accepté, à nouveau, de partager leurs histoires.

Quand Candy se rend compte qu’elle est lesbienne, elle vit encore avec son conjoint et leur fille. Elle a un crush pour une collègue, et après avoir accepté l’évidence, elle se sépare de son conjoint. Une fois célibataire, elle a besoin d’une confirmation. Lesbienne novice, elle n’a pas de réseau, la seule solution qui s’offre à elle, c’est internet. Elle se crée des profils sur Meetic et sur Gayvox. Sur le premier site, elle échange longuement avec une femme très introvertie. Le virtuel, pour Candy, ça va deux minutes. Rien ne vaut les rencontres en live. L’histoire ne dure pas, mais désormais, Candy sait qu’elle est lesbienne. Tinder vient s’ajouter aux deux précédents sites. C’est par ce biais qu’elle rencontre une nouvelle femme. Malgré leurs projets et un déménagement dans le sud, elles se séparent au bout de deux ans. Candy, avec sa fille, se retrouve dans une région où elle ne connaît personne. Là encore, internet est d’un grand secours. Avec Tinder, elle affine ses goûts en multipliant les rencontres. Parmi ces flirts, certaines deviendront des amies, et, c’est grâce au site qu’elle va développer son réseau.

Sandrine sort de 25 ans de vie hétérosexuelle quand elle se découvre lesbienne. Elle a beau vivre en région parisienne où les possibilités de rencontre sont plus simples que dans une campagne profonde, elle s’essaie également aux sites de rencontre. Comme Candy, elle se connecte à Meetic et Gayvox même si, autre point commun, elle aurait préféré croiser un regard insistant au hasard d’une promenade. Alors qu’elle envisageait de supprimer son profil sur Meetic, elle découvre une fonctionnalité qu’elle ne connaissait pas encore : le chat. Pour ne rien regretter, elle tente. Deux femmes sont connectées ce jour-là. La première, qui au bout de quelques minutes parle déjà d’un plan à trois, sera mise en éviction rapidement. La deuxième, polie, répond au bonjour qu’elle reçoit. Il faut croire que les coups de cœur peuvent également arriver en ligne : Isabelle et Sandrine discuteront pendant cinq heures avant de s’échanger leurs prénoms. C’était il y a dix ans. Sandrine est parfaitement consciente de la chance qu’elle a eue. Son prénom était le même que celui de la compagne précédente d’Isabelle, dont elle était tout juste en train de faire le deuil. Dans la vraie vie, un détail aussi anodin qu’un échange de prénom aurait pu jeter un froid entre elles, dès les premières minutes. Le site de rencontre a été une aubaine pour ces deux femmes.

Partie 2 / Klo vous invite à découvrir la deuxième partie des témoignages qu’elle a recueillis auprès des Claire et Cécile, deux amies, qui profite des événements féministes pour faire des connaissances et de Fanny, qui a réussi à s’assumer grâce aux conversations en ligne.

Je discutais en terrasse avec Claire et Cécile, deux amies qui sortaient de l’exposition présentée au Centre Pompidou Elles font l’abstraction, qui met en lumière les apports d’une centaine d’artistes femmes à l’abstraction depuis ses origines jusqu’aux années 1980. Leur amitié est un joyau et c’est la participation à des rencontres féministes qui l’a rendue possible. Peu adeptes des sites de rencontre et vivant toutes les deux en région parisienne, Claire et Cécile sont engagées dans diverses associations. Cécile est du genre timide, elle hésite toujours à aller vers une femme qui lui plaît. De peur d’importuner, elle laisse souvent passer des occasions. Alors qu’en soirée ou dans un bar, il faudra dépasser un certain nombre de barrières pour franchir le cap, lorsque des femmes sont réunies dans un but commun, la glace est plus facile à briser et les liens se tissent plus naturellement. Contrairement à internet où elle a le sentiment de choisir quelqu’une comme dans un catalogue, Cécile préfère interagir avec des femmes dont la beauté se révèle dans leurs personnalités, leurs discours, leurs façons d’être elles-mêmes. Jamais, une photo ou des échanges électroniques ne remplaceront cet aspect de la rencontre, qu’elle soit amoureuse ou non. Claire, qui la rejoint sur ce point, profite des expositions telles que celle du jour pour faire des connaissances. En effet, qu’il s’agisse de peintresses, d’écrivaines ou autres artistes, parmi les femmes avant-gardistes, beaucoup étaient féministes, ne serait-ce que par leur mode de vie, et souvent lesbiennes. Ces expositions manifestations attirent donc un public féminin, parmi lequel se trouvera peut-être la femme qui partagera sa vie. Claire nous confie qu’il lui arrive souvent de faire des clins d’œil à celles qui semblent s’intéresser aux mêmes textes, aux mêmes artistes, et qu’elle s’applique à ne pas se cantonner aux milieux militants pour élargir son cercle le plus possible. Par exemple, elle a rencontré sa première amoureuse lors de la préparation d’un festival végétarien sur la musique aborigène. Ni Claire ni Cécile n’ont encore rencontré leur perle rare, cependant, les divers événements auxquels elles participent leur ont permis de croiser beaucoup de femmes et de vivre des amitiés sincères. Leur relation en est un exemple criant. Même si l’amour tarde à venir, se retrouver entre femmes, lesbiennes de préférence, est un de leur grand plaisir. Comme pour elles chaque occasion doit être saisie, elles essaient de ne rater aucune initiative lesbienne. D’ailleurs, en fin d’entretien, je les encourage à se rapprocher de la Lez Team.

Après avoir réalisé qu’elle est lesbienne, le plus difficile pour Fanny a été de rencontrer d’autres femmes tout en vivant à la campagne. Elle a commencé, tout naturellement avec des sites de rencontre, où elle a fait une première connaissance, peu concluante, avant de déménager rapidement pour s’installer à Rennes. Une petite ville qui contraste avec le village de son enfance, cependant, le milieu lesbien y étant peu développé, les sites de rencontre gardent une place importante dans sa vie. Comme Claire et Cécile, Fanny aussi préfère le réel au virtuel, mais elle se sent plus confiante en pratiquant des conversations en ligne. Ce n’est pas par ce biais qu’elle trouvera la femme de sa vie, mais cela lui aura permis de s’affirmer, de se sentir plus à l’aise pour sortir, pour s’assumer, et de se rendre compte que les lesbiennes sont partout. Pour elle, les sites de rencontres sont un outil. C’est d’ailleurs grâce à une rencontre sur Tinder qu’elle découvre la Lez Team, et en attendant de croiser le grand amour, elle s’épanouit dans un groupe de copines.

Partie 3 / La troisième partie des témoignages recueillis par Klo nous invite à découvrir l’histoire de Mérous et Séverine qui se sont rencontrées en 2020 au cours d’un week-end organisé par The Lez Team.

Personne n’est mieux placé que Mérous et Séverine pour expliquer combien le groupe The Lez Team est propice aux rapprochements. Personnellement, j’y ai fait quelques belles rencontres, cependant, elles, elles ont trouvé l’amour avec un grand A. En couple depuis un an, j’ai eu envie de mettre en avant leur histoire et peut-être, en inspirer d’autres. Avant leur rencontre l’une comme l’autre avait eu l’occasion de faire des connaissances par différents biais. Séverine se rend compte qu’elle est lesbienne alors qu’elle est enceinte de sa fille et mariée. Elle sent qu’elle est attirée par une femme qu’elle rencontre dans le cadre de sa formation d’éducatrice sportive. Si cette relation ne donnera rien, elle sera rapidement suivie d’une histoire de plusieurs années avec une femme, mariée elle aussi. Mais cette dernière n’est pas encore prête à s’assumer, Séverine doit suivre sa route, malgré les sentiments très forts qu’elle éprouve. Fraîchement divorcée, elle nouera des liens avec des femmes croisées sur des chat ou sur Gayvox. Ces relations ne durent jamais bien longtemps mais l’une d’elle lui permettra de découvrir la Lez Team. Séduite par le concept et la diversité des événements proposés, elle tente alors l’aventure. De son côté, Mérous avait rencontré sa première amoureuse dans un bar gay où son copain de l’époque l’avait emmenée. Mérous aime faire la fête et s’amuser et toutes les occasions sont bonnes pour faire des connaissances. Les bars, les boites, pas forcément LGBT et aussi un peu internet lui permettent de se lier à plusieurs femmes. Il y a eu celle de La Rochelle, celle d’Orléans, l’hôtesse de l’air, la fille du bar, une Irlandaise, ces relations prennent plus ou moins d’importance, mais aucune ne s’impose avec la même évidence que celle qu’elle vit désormais avec Séverine, rencontrée au cours du week-end Lez Openair organisé par le collectif lesbien en 2020. Quelques jours avant cet événement, Séverine se casse la clavicule. Malgré le fait de devoir dormir dans une tente, et les acrobaties que cela impliquait, pas question pour elle de rater ce week-end festif. Elle n’est pas venue pour se caser mais cela ne l’empêche pas de regarder les autres participantes avec curiosité. Son bras en écharpe, quant à lui attirait l’attention, notamment celle de Mérous qui s’est montrée particulièrement soucieuse de son bien-être. La prévenance étant une qualité particulièrement appréciée de Séverine, cela lui a donné envie d’en savoir davantage, et plus si affinités, à propos de la femme qui se montrait si attentionnée. Il lui fallut un petit peu de patience. En effet, comme je l’ai dit plus haut, Mérous est une femme qui aime faire la fête et il se trouve que ce soir-là, qui fut particulièrement arrosé, elle n’a pas compris des avances qu’elle recevait. Les jours suivants, chacune de retour chez soi, une photo du fameux bras en écharpe sur Facebook la fit réagir. L’occasion pour Séverine d’entamer une discussion en privé et rapidement, elles décident de se retrouver chez elle au Mans. Elles passent un après-midi à flâner dans la vieille ville. Elles restent discrètes sur le déroulé des événements… toujours est-il qu’il semble que ça ait bien collé. Au cours des vacances de la Toussaint, Séverine passe quelques jours chez Mérous. Je reprends mot pour mot le discours de Séverine « le Dieu Macron ayant décidé de nous confiner, mon métier n’étant pas essentiel, je saisis cette opportunité pour rester quelques temps chez Mérous ». Ce confinement en duo durera 7 mois au cours desquels elles se rendent compte que ça fonctionne vraiment entre elles et qu’elles ont des projets communs. Le 1er juillet dernier, Séverine quitte son travail et Le Mans, où elle vivait depuis 25 ans, pour s’installer dans le petit village de Mérous. Elles viennent de se pacser le 5 août.

Partie 4 / Quatrième et dernière partie des témoignages consacrés à la rencontre, avec Claudia et Jennifer, en couple depuis leur coup de foudre au Klub, une boîte de nuit parisienne qui proposait des soirées LGBT afro-caribéennes tous les samedis.

Claudia a 33 ans quand elle commence à sérieusement se demander si elle n’est pas lesbienne. Un soir, un couple d’amies lui propose de l’emmener en soirée. Claudia ne sait pas du tout à quoi s’attendre, mais elle est partante. Elles se rendent dans une boite à Paris, le Klub, qui proposait des soirées LGBT afro-caribéennes tous les samedis. C’est la première fois que Claudia sort dans le milieu LGBT et elle se sent totalement illégitime, même si elle y passe une excellente soirée. Un mois plus tard, elle décide de retourner au Klub et le fait qu’elle n’ait trouvé personne pour l’accompagner ne la retient pas. Quand elle me raconte cette soirée, Claudia a des étoiles dans les yeux, en effet, ce soir-là, elle rencontre Jennifer. Entre elles, c’est le coup de foudre et elles ne se sont plus quittées depuis. Claudia confie que si elle n’avait pas eu la chance de tomber sur une femme qui lui corresponde autant que Jennifer, il est peu probable qu’elle aurait opté pour les sites de rencontre. Elle détestait cette démarche quand elle était hétéro. Depuis qu’elle vit avec une femme, elle s’intéresse au féminisme et a remarqué la place qu’y tienne les lesbiennes. Alors, si elle avait dû se chercher une compagne elle aurait privilégié les sorties et les milieux féministes. Parfaitement bien dans son couple, elle apprécie malgré tout de rencontrer d’autres lesbiennes, passer du bon temps, et pourquoi pas se faire des amies, ces ingrédients qu’elle retrouve avec The Lez Team. De son côté, pour se conformer au modèle attendu, Jennifer est restée avec un homme pendant 15 ans. Cependant, elle a toujours su qu’elle était lesbienne. Son amour pour le football lui permettra de rencontrer de nombreuses lesbiennes. Elle ne se mettra pas en couple avec l’une d’elles mais cela lui permet de se constituer un petit groupe d’amies. D’après Jennifer, en Guadeloupe, les lesbiennes sont nombreuses et ne se cachent pas vraiment, le meilleur moyen de trouver chaussure à son pied est de sortir pour danser. Jusqu’aujourd’hui, c’est de cette façon qu’elle a rencontré les femmes qui ont partagé sa vie. Chanceuse, Jennifer qui n’a jamais vraiment eu l’impression de devoir chercher avant de trouver une femme qui lui plaise, m’explique qu’elle est plutôt de celles qui se laissent aborder. Claudia, comme ses précédentes compagnes, est venue à elle. Jennifer n’aime pas trop les groupes de discussions en ligne ou les sites de rencontre. Depuis qu’elle a quitté la Guadeloupe et arrêté le foot, son groupe d’amies s’est réduit et elle le regrette un peu. Quand Claudia l’a entraînée dans The Lez Team elle ont commencé à élargir leur cercle et cela leur apporte beaucoup de plaisir. Elles n’ont pas participé à beaucoup d’événements mais à chaque fois, elles y font de belles rencontres. Avec tous ces témoignages, j’espère avoir répondu à la question que je posais au début du mois et que les rencontres lesbiennes n’ont plus de secret pour vous. Outre des initiatives telles que TLT, les milieux militants, le sport, et toutes les occasions qui rassemblent sont autant d’opportunités. Du fait de mon expérience, je suis convaincue que la vie réelle prime sur le virtuel.

Les différents témoignages que j’ai eu le privilège de partager avec vous tendent à confirmer mes opinions. Je me plais à croire que pour multiplier les rencontres il faut multiplier les sorties. Et même si la crise sanitaire que nous vivons depuis plusieurs mois est une entrave à notre vie sociale, il est heureux que des groupes comme The Lez Team existent.

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