À l’approche de la journée de la visibilité lesbienne, 3 marches sont organisées en France. À Paris, le collectif Libération Lesbienne vous donne rendez-vous le 23 avril à 13 heures place de la Nation. Rencontre.

Pouvez-vous nous présenter votre collectif Libération Lesbienne et les personnes qui le composent ? Libération Lesbienne est un collectif non-mixte lesbien créé en réaction au succès et à l’impact de la Marche Lesbienne de l’an dernier organisée par le collectif Collages Lesbiens. Il est composé de lesbiennes racisées, des lesbiennes trans, des lesbiennes handi et de lesbiennes blanches qui ont participé au cortège de tête en non-mixité racisé de la Marche Lesbienne.

Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui ont motivé la création de votre collectif et quels en sont les objectifs, les principes et les actions ? Libération Lesbienne a été fondé afin d’assurer la continuité des Marches Lesbiennes annuelles et la visibilité des lesbiennes que ce soit dans l’espace public ou dans les prides. Les principes et actions soutenues par le collectif ont des bases radicalement féministes, antiracistes, antiLGBTIphobes, antivalidistes et anticapitalistes. Pour l’instant, la marche en tant qu’action concrète face aux répressions que le gouvernement fait subir aux personnes lesbiennes en France en est l’unique reflet. Mais à l’avenir, nous souhaitons que le collectif devienne une association pour que d’autres actions soient réalisables comme des interventions dans les écoles. L’objectif serait de parler du lesbianisme, l’expliquer, faire de la prévention sur la sexualité, etc.

Parlez-nous de la Marche Lesbienne que vous allez organiser le 23 avril. Quels sont les messages que vous souhaitez véhiculer et les revendications que vous souhaitez formuler ? Le 23 avril, nous marcherons pour continuer de faire pression sur le gouvernement et réaffirmer nos positions sur l’accès aux libertés et mêmes droits concernant la parentalité, la procréation médicale assistée et tous les droits auxquels nous n’avons pas encore accès en tant que lesbiennes de tous horizons ; que l’on soit musulman·e, handicapé·e, trans, intersexe, sans papiers ou autre. Dans cette optique, nous avons pour but de visibiliser nos identités et nos vécus, de réaffirmer notre existence dans l’espace public, mais surtout rappeler nos positions politiques et revendiquer nos droits.

Avec pour mot d’ordre « Tou·tes uni·es contre le fascisme et le racisme » votre Marche se déroulera à la veille de l’élection présidentielle. Quel serait votre message aux personnes qui s’apprêtent à aller voter ? Nous avons comme mot d’ordre les lesbiennes contre l’extrême droite car l’existence de notre collectif ainsi que nos valeurs sont en opposition face à la droite, l’extrême droite et leur présence oppressante dans le paysage politique français. C’est pour cela que nous appelons toutes les personnes qui s’apprêtent à voter à le faire contre l’extrême droite, contre le RN et Marine Le Pen. On appelle aussi toutes ces personnes à prendre conscience que, lorsqu’elles seront dans les isoloirs et qu’elles feront leur choix, le bien-être de nombreuses personnes est en jeu.

Le 26 avril marque la Journée internationale de la visibilité lesbienne. Comment qualifieriez-vous cette visibilité et son évolution ? En quoi diriez-vous qu’elle est encore indispensable aujourd’hui ? La Journée Internationale de la visibilité lesbienne est indispensable car les lesbiennes sont encore trop effacées et oubliées dans l’espace public ou dans la communauté LGBTQI. Il est important que l’on rappelle l’importance des lesbiennes dans l’histoire de notre communauté. Il est aussi important de mettre en valeur les figures lesbiennes et le lesbianisme. La visibilité dont les lesbiennes bénéficient est encore trop cachée par manque de représentations, notamment dans les médias. Il y a encore du travail à faire d’où le caractère indispensable d’une journée comme le 26 avril.

Retrouvez le collectif Libération Lesbienne sur Facebook, Twitter et Instagram.

D’autres marches lesbiennes ailleurs en France

  • La première Dyke March lyonnaise aura lieu elle aussi le 23 avril. Organisée par le collectif Lesbiennes contre le patriarcat – Lyon, cette marche aura pour mot d’ordre « Lesbiennes contre l’extrême droite ! » et démarrera à 15 heures de la place Louis Pradel. Retrouvez toutes les infos sur la page Facebook de l’événement.
  • Le 26 avril, jour de la visibilité lesbienne, les Assises Lesbiennes de Marseille appellent toutes les lesbiennes, gouines et bies à descendre dans la rue à 19 heures sur le Vieux Port pour marcher « contre la lesbophobie et contre le système hétéropatriacal. » Retrouvez toutes les infos sur la page Facebook du collectif organisateur.

 

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