Secrétaire nationale du Mouvement radical, social et libéral à la laïcité, l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations et élue de Paris, Catherine Michaud est à 36 ans la co-fondatrice du Bureau d’un réseau professionnel LGBT et la présidente de GayLib. Un mouvement associé au Mouvement Radical – Social/Libéral, regroupant les LGBTI libéraux et centre-droit en France qui a co-fondé en 2018 un réseau LGBTI Libéral européen. Elle aborde avec nous l’importance de promouvoir la diversité, l’inclusion et la reconnaissance des droits et Libertés de nos familles. Extrait de la rencontre publiée dans le numéro d’avril de Jeanne Magazine.

En quoi diriez-vous que la visibilité lesbienne vous a aidée dans votre parcours personnel et professionnel ? La visibilité lesbienne c’est l’effet « Rôle Modèle » qui aide à se construire, à s’assumer. Je suis ado lorsqu’Amélie Mauresmo fait son coming out, je jouais déjà au tennis, j’étais déjà fan, c’est un événement marquant. Sa prise de parole à l’époque a eu un impact pour toute une génération. Elle est devenue une ambassadrice malgré elle !

Quelles sont les personnalités qui comptent pour vous en termes de visibilité lesbienne ? Quatre noms qui me viennent spontanément à l’esprit, elles ont été chacune dans leur domaine avant gardistes, précurseurs et engagées à leur manière. Virginie Despentes auteure accomplie, reconnue, lauréate du prix Renaudot est une féministe et lesbienne assumée. Ellen DeGeneres est je crois la lesbienne la plus connue au monde ! Elle anime un des plus grands talk-show américain ; une star qui en interviewe d’autres. Il fallait du courage pour faire son coming out il y a 23 ans en Une du Time. Plus qu’une personnalité elle est devenue une icône lesbienne. Amélie Mauresmo a 19 ans quand elle fait son coming out, elle le fait très naturellement, les réactions à l’époque sont terribles notamment dans le monde du tennis professionnel. Avec le recul je me demande si le microcosme était réellement choqué ou avait juste peur qu’elle « balance » d’autres noms ! De sa carrière internationale, son capitanat de l’équipe de France, à sa parentalité, le monde entier l’a vue « grandir » et se construire comme championne mais aussi comme femme lesbienne, comme mère. Ses mots sur la PMA au JT de France 2, bien que pudiques étaient importants et attendus. Caroline Mécary, la communauté lui doit tellement ! Nous ne sommes pas toujours d’accord, certaines de nos idées sont diamétralement opposées, mais au fil des années elle est devenue une bonne copine. J’ai beaucoup de respect pour tout ce qu’elle a fait et fait.

Vous êtes donc ouvertement lesbienne et actuellement présidente de GayLib, élue de Paris et récemment candidate aux Européennes. Améliorer la visibilité, c’est une chose que vous recherchez à travers vos différentes activités. Quelles sont les motivations qui vous habitent ? Actuellement Présidente, et la première femme Présidente de GayLib ! Ma motivation principale est de tendre à la reconnaissance des droits et Libertés de nos familles. Nos devoirs nous les assumons déjà, depuis longtemps ! La reconnaissance des personnes LGBTI et de nos familles est très récente en France et en Europe. Nous sommes des citoyens français et européens à part entière. Cela doit être entendu, reconnu et appliqué par le législateur. L’évolution de nos droits et Libertés passe nécessairement par le législateur, par le courage et la volonté politique. GayLib s’y emploie sur la PMA pour toutes et la filiation, ou par le passé sur le mariage et l’adoption, le don du sang ; ou encore la facilitation du changement d’état civil des personnes trans, la fin des mutilations des personnes intersexes. A l’échelle européenne GayLib a co-fondé à l’été 2018 un réseau LGBTI Libéral européen. En tant qu’élue j’ai contribué à la lutte contre les LGBTphobies à l’échelle de la Ville de Paris. J’ai travaillé avec mon Groupe sur le voeu adopté il y a quelques mois à l’unanimité au Conseil de Paris avec un certain nombre de mesures précises ; dans un esprit transpartisan et républicain. Dans le 2è arrondissement nous avons l’unique plaque mémorielle LGBT de Paris, elle a été à de nombreuses reprises vandalisée. Comme je m’y étais engagée j’ai déposé un vœu pour qu’elle soit protégée et valorisée. Être out et visible a toujours été voulu ; Ne pas être honteuse, ne pas se planquer, ne pas s’excuser d’être qui on est. En somme s’assumer et s’affirmer. Être out et visible c’est un signal d’existence envoyé à la société toute entière, c’est aussi une forme d’espoir pour nos adolescents parfois en souffrance. Oui je suis homosexuelle, ce n’est pas une tare, cela ne m’a pas empêchée de faire une école de commerce, d’avoir un emploi, des responsabilités, exercer un mandat électoral, associatif. J’invite, j’appelle les personnalités dans le placard à en sortir !

Vous avez également contribué à la création du réseau français Pride de la BNP Paribas. Pouvez-vous revenir sur les raisons qui ont décidé et permis la mise en place de ce réseau ? La création BNP Paribas Pride France a été la volonté commune de l’entreprise à travers sa Responsable Diversité et Inclusion et de collaboratrices et collaborateurs. Ce qui nous a permis la mise en place et le développement du réseau c’est incontestablement l’engagement et le soutien sans faille de l’entreprise et de son Administrateur Directeur Général Jean-Laurent Bonnafé. Lors de la soirée de lancement de Pride France il est venu en personne rappeler que l’homophobie et la transphobie n’ont pas leur place chez BNP Paribas et a signé la Charte d’engagement de l’Autre Cercle. Notre parrain est le DRH du Groupe, Yves Martrenchar. Ces soutiens sont des marqueurs essentiels et importants d’engagement. A la fondation du réseau je suis la seule lesbienne au sein du Bureau, 4 ans plus tard nous sommes trois, je m’en réjouis ! Depuis presque deux ans nous initions des événements axés femmes et lesbiennes comme récemment lors d’une soirée autour de Constance Debré et son livre Play Boy.

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Retrouvez la totalité de cette rencontre dans le dossier Visibilité lesbienne paru dans le numéro #74 de Jeanne Magazine

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