[Mise à Jour 17/04/2014 : clip du titre Someday ]

Le ton est donné dès le début de l’interview, le tutoiement sera de rigueur entre Mademoiselle K et Jeanne. La jeune femme nous présente Hungry Dirty Baby, son quatrième album, que sa maison de disques a refusé de produire à cause des chansons en anglais, et pour lequel elle a monté son propre label. Elle nous parle aussi beaucoup d’amour, de La vie d’Adèle, des questions de genres, de son androgynie, du mariage pour tous, et du lait de chamelle «bien meilleur que le lait de jument», nous assure-t-elle dans l’interview publiée dans le numéro d’avril de Jeanne Magazine. Extrait.

Mademoiselle K

Mademoiselle K

Quelles sont les influences musicales de ce nouvel album ? J’écoute toujours beaucoup de musique sur la route, par exemple des morceaux de groupes très indé que j’ai ramené de New York, et aussi des chansons de plus longue date. Une chose est sûre, j’ai toujours été influencée par la musique anglaise, j’aime profondément les Anglais, le rock et la pop anglaise. Aujourd’hui cela semble plus évident parce que je chante dans cette langue, mais si je reviens sur mon premier album, et que je pense à la chanson Ca sent l’été, j’avais déjà des bouts de phrases qui venaient en anglais. (…)

Ce qui revient souvent dans ton album, c’est une vision pessimiste de l’amour, le manque, la frustration… Penses-tu qu’on est tous égaux devant l’amour ? Je pense vraiment que nous ne sommes pas égaux. On a tous des vies, des vécus et des traumatismes différents, donc on ne vit pas l’amour de la même manière. Certains sont très dépendants, d’autres le sont beaucoup moins, ce qui ne les empêche pas d’aimer. Je pense par contre qu’on ne se découvre jamais aussi bien que quand on est amoureux. (…)

Il paraît que le titre Hungry Dirty Baby, s’inspire de la scène de rupture du film La vie d’Adèle, peux-tu nous en dire plus… C’est un film qui m’a marquée esthétiquement, je trouve l’histoire très belle. J’ai trouvé aussi qu’Adèle joue hyper bien, j’étais touchée comme beaucoup de monde par le personnage. Par contre, je n’ai pas été touchée par la scène de cul. Certains l’ont trouvée trop longue et d’autres étaient mal à l’aise, moi c’est simplement que ça ne m’a pas fait plus de truc que ça. Je n’ai pas trouvé ça très crédible. Bien d’autres choses m’ont fait de l’effet dans le film, je pense aux gros plans et au choix esthétique. Ce qui m’a marquée, c’est les moments où elle pleure par exemple, elle a la morve qui lui coule du nez ou alors quand elle mange des spaghettis, qu’elle en a plein la bouche et qu’elle ne s’essuie pas… (…)

Toujours à propos d’Hungry Dirty Baby, tu y abordes également la question du genre à travers les paroles : « Are you with a boy? Are you with a girl ? Have you chosen? Choices are not easy” “I could be your boy, your girl have you chosen ? Choices are not easy»… Je parle à quelqu’un que j’aime surtout, qui me manque et qui n’est pas là. C’est avant tout une histoire d’amour. J’aborde effectivement la question du genre dans les paroles que vous citez, car on ne sait pas à qui je m’adresse. Cela peut être un garçon ou une fille, mais très clairement c’est une personne bisexuelle. Je suis passionnée par l’histoire des gens, j’aime écouter leur vécu et au fil des ans, j’entends de plus en plus d’hétéros qui ont, à un moment de leur vie, une histoire avec une personne du même sexe et qui, pour autant, ne se sont jamais définis en tant qu’homo ou bi. (…)

Parlons de la question du genre dans I Can Ride A Fucked Up Bull… Je dis, justement, que je veux casser les règles du genre. Je pense qu’il y a encore énormément de travail à ce sujet, sur les codes, les clichés, qu’est-ce qu’une fille, qu’est-ce qu’un garçon… Par exemple, ça me fait toujours marrer de voir les toilettes des aires d’autoroute dans les toilettes, il y a celles des mecs, et de l’autre côté, celles des filles avec le logo changement de couches. Comme s’il était inconcevable que les mecs puissent changer les couches de leurs enfants. Au-delà de ça, j’ai constaté qu’avec ma nouvelle coupe de cheveux (je suis rasée d’un côté), on me prend souvent pour mec. Ca arrivait souvent avant, je sais que je suis assez androgyne, mais les gens rectifiaient le tir assez vite. Mais depuis que j’ai cette coupe, certaines personnes me prennent pour un mec et ne se rendent pas compte que je suis une fille. Il est très évident pour moi que ces personnes-là catégorisent ce à quoi doit ressembler une fille et ce à quoi doit ressembler un garçon. Ils ont une vision très limitée du genre…

Hungry Dirty Baby de Mademoiselle K déjà dans les bacs (Kravache).
Actuellement en tournée, les dates sont disponibles sur www.mademoisellek.fr

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Mademoiselle K – Someday

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